Habitat – Habité

Concept, approche et démarche

Cette démarche prend tout son sens quand elle est en lien avec les notions de lieu au sens de la situation géographique, d’habitat, d’habité au sens de l’investissement de soi dans l’habitat.

L’habitat(1) est un élément fondateur pour l’individu. L’habitat quand il est le « chez soi » devient « ma maison ». L’intime de l’individu peut s’exprimer dans cet espace de sécurité. Il est aussi le lieu privilégié des relations entre un individu et son environnement, il représente trois fonctions psychosociales  (Fischer):

  • Il est un espace d’intimité de par sa fonction de protection et sa fonction d’ancrage. Il permet l’enracinement psychologique. Il est source de repères et de stabilité.
  • Il est un espace de sécurité psychologique. La maison est un lieu qui protège contre l’extérieur. Cet espace se caractérise par tout un ensemble de qualités physiques susceptibles d’assurer les fonctions d’abri et de protection pour l’individu qui l’habite. Il doit permettre le repos physique et psychique.
  • Il est un lieu de socialisation. Ce premier univers social, dans l’espace familial, est le lieu où s’opèrent les premiers apprentissages et où se produisent les premières interactions sociales. Cet espace permet les échanges affectifs

L’habitat est au sens premier d’ « éprouver dans sa conscience » ce qui parle de l’être de l’individu. 

Il est demeure (2) au sens de lieu, d’espace où l’individu vit. Il est aussi demeure au sens de la maison, c’est-à-dire du « chez soi ».

Le chez-soi apparait comme le plus privé de nos territoires et renvoie à la relation la plus intime que nous puissions développer, la manière la plus personnelle d’exprimer notre territorialité. Il englobe à la fois l’espace matériel, celui qui l’habite, son mode de vie et la manière d’habiter.

Ces différents registres sont tous imbriqués. Leur appropriation définit ce qu’est HABITER.

  • Habiter est le propre des humains
  • Habiter, c’est le lieu du ménagement de l’être ;
  • Habiter, c’est construire l’espace dans l’espace ;
  • Habiter, c’est aussi construire son temps dans l’espace ;
  • Habiter, c’est retrouver ses racines et créer des racines ;
  • Habiter, c’est le lieu où l’individu garde un repère présent là, ici et maintenant pour pouvoir aller vers le devenir ;
  • Habiter, c’est trouver le lieu où l’on s’endort ou où l’on se réveille, soit symboliquement, le lieu de la vie et le lieu de la mort ;
  • Habiter, c’est trouver l’autre ;
  • Habiter, c’est avoir accès à la limite : le dedans et le dehors ;
  • Habiter, c’est sortir et aussi pouvoir sortir de l’abri sans péril, sans danger, sans menace ;
  • Habiter, c’est habiter ensemble dans la différence.

L’habiter commence donc là où commence la représentation de son espace.

Nous transportons, dans l’habiter soi comme sujet du lien social.

La nature de ce lien est multiple, éthique, originale, esthétique, inconscient.

L’espace de l’habiter n’est appropriable que s’il peut donc être transformé par les individus qui l’habitent. 

La période dans laquelle nous sommes, engendre des manières d’être, ayant un impact sur la structuration familiale (vie seule, en couple, en concubinage, en famille recomposée).

Cela nécessite des aménagements modulables selon le moment de vie dans lequel nous sommes. Chacun, au sein de la famille, aspire à avoir son espace, et ce dès le plus jeune âge.

De plus, les lieux de vie spécifiques comme la cuisine, la salle de bain et la chambre requièrent de plus en plus de fonctionnalités et de modularités.

Ce rapport à notre lieu de vie est en évolution constante ces dernières décennies.

La crise sanitaire de ces derniers mois prônant « le retour chez soi pour sa sécurité » renforce et conforte ce mouvement. 

Le rapport au travail s’est aussi modifié ces dernières années. Les postes de travail doivent être ergonomiques, fonctionnels et opérationnels.

De plus le développement du télétravail vient impacter notre rapport à notre lieu de vie en bousculant les limites entre l’ordre de l’intime et du professionnel.

De manière plus globale, la pandémie fait émerger de nouvelles problématiques. 

L’habitat peut être et sera certainement de plus en plus indexé au professionnel, d’où l’intérêt de réfléchir encore davantage à son appropriation et donc à l’aménagement de celui-ci.

Force est de souligner que le confinement a entraîné un réinvestissement de nos lieux de vie. Nous les avons modifié. Et ces transformations nous impactent.

Nos rapports au temps , à l’espace, qu’il soit personnel ou professionnel, à l’environnement et à notre mieux-être sont des questions fondamentales de notre quotidien aujourd’hui.

  1. (Etymologie)  Habiter vient de habitare, qui veut dire “avoir souvent”, “demeurer” — soit le synonyme de manere — ; habitare est un fréquentatif, c’est-à-dire qu’il marque la répétition en terme linguistique de habere, soit “avoir” dont l’une des déclinaisons est habitudo, soit l’habitude.
  2. Demeurer, séjourner vient d’un  mot gothique signifiant “être en paix”, “demeurer en paix”, “épargner, ménager”.

Quand aménager son habitat pour mieux l’habiter et renforcer son mieux-être deviennent une nécessité.

Habitat de l’homme

« Mettre en œuvre son projet de vie pour (re)trouver une sérénité, passe nécessairement par son habitat, sachant que nous habitons avec notre histoire, notre manière d’être, je vous propose avec ma démarche globale de vous accompagner dans cette appropriation. »

Aménager son habitat permet de se transformer soi-même…

L’habitat permet à son habitant d’affirmer son identité et de la développer. Cet investissement dans l’aménagement de son habitat est considéré comme une extension de soi-même. L’habitat devient et est le reflet de la personne, mais il ne doit pas être statique. 

Il faut pour s’approprier son habitat, pour en faire son « chez soi ». S’approprier c’est « l’action de devenir autre au contact de ». Pour chaque individu, son « chez soi » est un espace qui reflète son identité, un espace dans lequel il est enraciné et où il doit se sentir bien et en accord avec lui-même.

Chacun développe et entretient, au regard de son itinéraire de vie, une relation spécifique émotionnelle avec son habitat. C’est une dimension essentielle de sa relation à l’espace. L’appropriation renvoie au processus par lequel les lieux deviennent signifiants en raison des activités, du travail, et des éléments d’attachement qu’ils contiennent.

Cet espace privilégié a une forte résonance émotionnelle et sociale. Il est le reflet des liens que chacun tisse avec son environnement. Notre « chez soi » désigne une réalité et un idéal.

La personnalisation quant à elle met l’accent sur l’identité personnelle qui va se refléter à travers diverses modifications ou transformations de l’espace.

Cette nécessité est d’autant plus prégnante dans le contexte actuel.

La société dans laquelle nous vivons nous oblige « à faire de notre vie une histoire singulière et visible ». Elle impacte notre rapport avec notre habitat. Il faut faire de son chez soi un espace singulier et fonctionnel pour soi-même et son entourage.

Habitat de la plante et de l’animal

« Tout être vivant a besoin d’un habitat. L’habitat devient et est le reflet de l’être vivant. Le vivant est impacté en permanence par les progrès technologiques et les rendements. »

La Terre est conçue comme un milieu vivant qu’il faut accompagner pour lui permettre d’exprimer toutes ses potentialités. Donc il va falloir tenir compte de l’ensemble de l’environnement :

  • La compréhension du sol et sa composition
  • Les intéractions avec l’ensemble des plantes et des animaux
  • Sa biodiversité

Chaque sol possède des caractéristiques spécifiques qu’il va falloir appréhender pour qu’il soit le plus vivant possible donc le plus fécond.

Pour ce , je tiens compte du milieu terrestre, qui va spécifier la force de croissance mais aussi de l’influence du milieu cosmique (le Ciel) notamment le climat (pluviométrie, hydrométrie, chaleur, ensoleillement, vents, températures…), les astres, qui va permettre les forces formatrices de la plante pour lui apporter sa verticalité, ses couleurs, ses arômes et ses saveurs.

La croissance de la plante et des animaux est aussi impactée par l’intervention de l’homme.

Le processus d’accroissement de la plante est lié à la Terre et donc au sol, et au Ciel, de l’effet de gravité à celui de l’attraction solaire.

Il repose sur le passage par les quatre états de la matière :

  • Minéral : (gravité) Force de racine : GRAINE , qui germe avec eau et chaleur du sol
  • Liquide :  (liquide) Force de feuille : RACINE, qui s’implante verticalement vers le centre de la terre
  • Lumière :(air/lumière)Force de floraison : TIGELLE, qui sort de terre vers la lumière (liée à la terre et à l’eau par la racine) et à l’air et à la lumière par sa tige.
  • Chaleur : (solaire) Force de fructification

La plante pousse donc grâce aux influences terrestres et cosmiques.

Donc il faut tenir compte des spécificités de la plante. Un déséquilibre entre les deux milieux engendre un dysfonctionnement du processus d’accroissement de la plante, qu’il va falloir observer, analyser, comprendre donc diagnostiquer pour apporter des solutions.

Un terrain d’action spécifique : LA VIGNE,du sol au vin

La vigne, lorsqu’elle est dans un bon endroit où elle peut exprimer toute sa puissance d’être végétal atypique et volontaire, donne à son fruit un goût marqué par le lieu où elle a poussé.

Elle est liée au sol par ses racines et reçoit par ses feuilles, toutes les spécificités climatiques du lieu.

Chaque vigne a sa spécificité, son caractère, son comportement et son originalité.

La vigne est donc une plante spécifique.

Son process de maturation et d’accroissement est particulièrement sensible au sol et à la terre. 

Ma démarche proposée est particulièrement pertinente pour accompagner les vignerons sur l’ensemble des process de maturité de la plante et de son fruit, le raisin, mais aussi sa transformation, (je parle ici de la vinification) en vin, compte-tenu de la spécificité de la vigne.

Il nous faut tenir compte de l’ensemble des matériaux et de leur implantation. Ces éléments représente « l’habité » du vin.

L’animal est impacté par les actions de l’homme sur ses lieux d’élevage. Son habitat (stabulation, hangar, salle de traite) agit sur son état. Il peut être perturbé par les ondes électromagnétiques, les ondes telluriques et les matériaux utilisés.

Les productions issues de l’élevage animal sont aussi des éléments qui peuvent être observés.

L’ensemble de la chaîne de l’élevage est donc en lien avec « l’habitat de l’animal ».